Trail de Bourbon 2018 — Dura Lex, sed lex

Canal+ couvrait en direct toute l’épreuve durant 1 semaine
Mon parcours sur le Semi Raid de la Réunion 2018, depuis Cilaos, jusqu’à mon abandon à Sans-Souci
Le Dénivelé D+ et D- de mon parcours avant mon abandon prématuré

H-5 : Direction la ligne de départ — La route vers Cilaos

La course n’a pas encore commencée, que l’aventure — elle — a pourtant déjà démarrée ! Partis de Saint-Gilles-les-bains au Nord-Ouest de l’ile, une route de 2h nous attendait pour nous diriger au centre l’île.

Des bouchons sur des routes de montagne… je n’avais encore jamais vu ça !
Embouteillage de bus en haute montagne

H-3— 18h → Départ à 21h au stade de Cilaos

De 18h à 21h, les organisateurs vérifient nos sacs : couverture de survie, bande de strapping, 1L d’eau, barres d’alimentation, lampes… tout est minutieusement vérifié. Puis on dépose 2 sacs à destination de 2 points de ravitaillement : l’école de Sans-Souci, située à 72,5km. Avec vêtements de rechange, et matériel complémentaire pour la fin de l’épreuve. Et le second sac sera à récupérer à l’arrivée — au 111e km au Stade La Redoute, de Saint-Denis, au Nord de l’île.

Prêt à se faire mal ? :)

Départ — Stade de Cilaos / 21h

Repas & repos avant le grand départ
Mise en place sur la ligne de départ

Etape #1 — Cilaos → Piton des neiges (caverne Dufour)

Le départ est donné à 21h… c’est parti !!

Ambiance de nuit / Premiers bouchons lors de l’ascension du Piton des Neiges
Arrivée au ravito du Piton des neiges — “Caverne Dufour”

RAVITO n°1 — Gîte du Piton des Neiges / 23h39

A cette étape de la course, je suis 468e / 1291.

  • 11,2km parcourus
  • Temps écoulé depuis le départ : 02h39'59
  • Dénivelé total depuis le départ : 1513 D+
  • Altitude : 2490m

Etape #2 — Piton des neiges → Hell Bourg

Que dire de cette partie du parcours ? Pas grand chose en fait…

RAVITO n°2— Hell Bourg / 02h34

A cette étape de la course, je suis 412e / 1291. Toujours dans le premier tiers des participants :

  • 23,8km parcourus
  • Temps écoulé depuis le départ : 05h35'08
  • Dénivelé total depuis le départ : 1513 D+ / 1768 D-
  • Altitude : 1037m
Le ravito d’Hell-Bourg — ambiance humide. Repas chaud & froid à volonté.

Etape #3 — Nuit blanche

En sortant d’Hell Bourg, il fait encore nuit. 3h à la Réunion, ça veut dire 1h du matin en Métropole — il y a 2 heures de décalage horaire, en heure d’été. Je me retrouve seul, sur la longue route bitumée, et en descente.

De plus en plus haut, et de moins en moins nuit :)

Etape #4— “Au revoir Salazie” — Le col de la Fourche

J’ai la chance de me retrouver en hauteur au lever du soleil, pile entre les deux cirques naturels Salazie & Mafate. Avant d’entamer la descente vers la Plaine des Merles, je compte bien profiter de la vue…

Petite vidéo avec l’arrivée sur la crête, face aux 2 cirques naturels — Salazie & Mafate
Salazie est bientôt derrière moi !
Vue matinale sur le cirque de Salazie
Bis repetita
Vue imprenable sur le Grand Bénare depuis le col de la Fourche.

RAVITO n°3 — Plaine des Merles / 8h14

A cette étape de la course, je suis 415e / 1291.

  • 38,2 km parcourus
  • Temps écoulé depuis le départ : 09h33'31
  • Dénivelé total : 2723 D+
  • Altitude : 1813m

Etape #5 — Plaine des Merles → Marla

Fatigué et bien en sueur, je n’ai aucune crampe. Je prend même le temps avant Marla de faire un petit visio histoire de rassurer la famille.

15 minutes d’ascension — suivez moi dans le Cirque de Mafate :-)
J’ai l’impression de me retrouver au Japon…
Magnifique décor… et quelles couleurs !
Le Maïdo nous surplombe, menaçant…
Et au loin… des concurrents à rattraper !
Ambiance
On a vraiment l’impression de voyager dans tous les continents, en quelques centaines de mètres simplement..
Plateau droit devant
Un petit bout de civilisation pointe le bout de son nez
On passe régulièrement par des petits passages en bois entre la Plaine des Tamarins et Marla (photo Wikipédia — oublié de prendre ces ponts en photo !)

RAVITO n°4 — Marla / 8h14

A cette étape de la course, je suis 419e sur 1291 inscrits.

  • 44,6 km parcourus
  • Temps écoulé depuis le départ : 11h15'09
  • Dénivelé positif total : 3018 D+
  • Altitude : 1621m
Vue sur le ravito de Marla

Etape #6— Marla → Roche Plate

On poursuit la descente vers Roche Plate. Et malgré ma haine pour les descentes — douloureuses pour mes jambes, il s’agit là de mon étape préférée de tout ce parcours. Les décors sont somptueux. Je croise plusieurs petites grenouilles. La Nature est belle, tout simplement.

La vue après Marla
Une vue imprenable sur la vallée et la rivière des Galets
La rivière des Galets. Et au loin (à droite) quelques concurrents, qui croisent la route de randonneurs allemands.
Fantastique cette vue…
Début de la descente vers Roche-Plate
Le brouillard est toujours bien présent dans les hauteurs
L’arrivée à Roche-Plate

RAVITO n°5 — Ecole de Roche Plate — arrivée au pied du Maïdo / 11h12

A cette étape de la course, je suis 467e sur 1291 inscrits.

  • 53,6km parcourus
  • Temps écoulé depuis le départ : 14h13'20
  • Dénivelé total depuis le départ : 3417 D+ / 3351 D-
  • Altitude : 1102m
L’arrivée à Roche Plate, 10km après Marla
  • Ils n’ont plus de bande de strapping ;
  • ils n’ont pas non plus ce qu’il faut pour prendre soin de mes ampoules ;
  • et ils n’ont plus en stock de bombe de froid, pour calmer mes douleurs aux pieds.

Etape #7— Le Maïdo (aïe)

Là, j’ai vécu une des pires étapes du raid. Le Maïdo… j’en cauchemarde encore quelques jours après l’aventure… Un mur haut comme 2,5 fois la Tour Eiffel. Alors qu’on a déjà 50 bornes dans les pattes… Horrible.

Le Maïdo : un gros bloc de pierre impressionnant qu’il va falloir gravir, avec un final dans le brouillard :)
La brèche — un escalier qui donne sur le vide… et votre serviteur, sourire forcé avec écarteur de narine, histoire d’avoir une bonne tête bien chelou.
En pleine ascension de pentes ultra raides… et un concurrent à rattraper à l’horizon !
Un parcours interminable et raide & en plein brouillard à 2000m d’altitude
Raaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaah !!!!!
Arrivé au sommet en compagnie d’un concurrent local de l’étape !
Sur la jonction Maïdo / ravito

RAVITO n°6— Le Ravito du Maïdo / 14h54

A cette étape de la course, je suis 543e / 1291, sans exclure les abandons. Ma longue pause à Roche-Plate y est pour quelque chose. Et m’a fait perdre une centaine de positions, malgré mes nombreux dépassements dans la montée du Maïdo.

  • 59,3km parcourus
  • Temps écoulé depuis le départ : 17h55'20
  • Dénivelé total depuis le départ : 4353 D+ / 3677 D-
  • Altitude : 1961m
Petite vue sur l’arrivée au ravito du Maïdo
Pâtes dans tesson de bouteille avec couteau plastique, et genouillère en mode strapping. Bon appétit !

Etape #8 — Descente vers l’Ecole de Sans-Souci

Voilà 45min./1h que je suis à l’arrêt… back on track , baby! Prochaine étape : une longue descente de 10km vers Sans-Souci, un lieu-dit dans les hauteurs de Saint-Paul.

Les premiers hectomètres après le ravito sont magnifiques, en plein brouillard.
Johnny, concurrent de la Diagonale des Fous 2018
Vue sur Saint-Paul après la descente du Maïdo

RAVITO n°7 — Le Ravito de l’Ecole de Sans-Souci / 18h49

A l’entrée du point de ravitaillement, Brigitte m’aperçoit, et crie mon nom. Ouf !! Enfin une tête que je connais, après ces heures interminables de jungle, montagne, et autre brouillard… Je rejoins la troupe, ma femme Shyrine, et mon petit loulou — qui me sourit :)

  • 73,6km parcourus
  • Temps écoulé depuis le départ : 21h49'46
  • Dénivelé total depuis le départ : 4412 D+ / 5335 D-
  • Altitude : 366m
Là, on me raconte une petite blague pipi-caca. Et Je rigole. Le tout en puant.
Podologue en pleine action… 7 bandages au programme !

#1 — Podologue

Le temps de me laver les pieds, et c’est parti. Aiguilles, produits, suppression de peaux mortes, soins des ampoules… puis strapping. Je me retrouve avec les pieds de Toutânkhamon.

Bon appétit !

#2 — Les kinés

Puis, les kinés. J’avais 2 kinés pour moi tout seul, un à chaque jambe. Douleurs aux jambes, crampes, etc. j’explique mes problèmes, et ils commencent d’abord par m’enlever le strapping de ma jambe gauche. Afin de la remplacer par une genouillère, récupérée dans mon sac du ravito.

L’abandon… à 37km de l’arrivée

Le temps de traverser Sans-Souci, durant 1 kilomètre, je sens que ça va être plus que galère. Descendre d’un trottoir me fait souffrir. Puis quelques rues en descente me forcent à appuyer sur ma jambe gauche. Ma tendinite est très aigüe. Et je sens que je n’y arriverai pas — P*****

Conclusion

J’ai pris quelques jours pour rédiger ce récap’ de course. J’y tenais car j’avais envie de partager cette aventure avec vous — amis lecteurs réels ou virtuels :) Et puis, un jour — qui sait ? — mon fils lira cet article, et comprendra mieux pourquoi son père est un sadique dictateur.

  • mon sac Salomon S-Lab 8 Litres, l’accès facilité à l’alimentation, et à toutes les autres poches : parfait. Rien à voir avec mon ancien sac Kalenji, vraiment nul à côté ;
  • mon short Poli avec des poches parfaitement adaptées aux conditions d’ultra-trail, et la possibilité de remonter la partie cuissard en cas de grosse chaleur : parfait.
  • ma condition physique générale : sérieusement, les dénivelés méritent des cuisses musclées, du souffle, et un cœur bien accroché.
  • la Sporténine, un médicament non dopant — proposé par mon beau-père pharmacien — m’a été d’un grand soutien. Aucune crampe quasiment durant 50km… j’ai clairement repoussé mes limites grâce à ce complément !
  • ma batterie externe, qui m’a permis de recharger montre et lampes sur le parcours. Pratique !
  • J’ai repris les entrainements 15 jours avant le début de la course. N’importe quoi… Mes séances kiné & osthéo pour réparer mon dos bloqué — suite aux 24h du Mans Vélo— tout le mois de Septembre ont ruiné ma préparation ;
  • Mes chaussures : je suis déçu de mes Hoka One Mafate Speed 2. Elles ont beaucoup trop morflé sur tout ce parcours. Confortables, certes. Mais aussi très critiquées par d’autres coureurs + le podologue rencontré en fin de parcours. En raison de leur usure prématurée, et de certains autres aspects techniques.
  • Mon sac était encore un peu trop lourd. La GoPro, ça pèse. Mais aussi les barres d’alimentation inutiles. Peut mieux faire la prochaine fois !
  • Je ne connaissais pas le parcours. Oui, il y avait un roadmap, avec les points d’arrêts. Mais un Zoreille comme moi connait mal les DOM-TOM. Si j’avais mieux appréhendé le Maïdo en 3e grosse montée, après le Piton des Neiges et le Col de la Fourche — et que je savais vraiment à quoi m’attendre — alors j’aurais clairement mieux géré mon énergie.
  • Les lunettes, la nuit, bof bof. J’aurais du passer sur des lentilles. A tester !
  • Les musiques merdiques aux ravitos. ACDC, Led Zep, de la bonne Funk, Macéo Parker… il faut nous donner la pêche ! Pas nous balancer de la merde dans les oreilles avec Maitre Gims, Vitaa et autre Colonel Reyel — je ne savais même pas qu’il existait encore celui-là !…
  • Certains concurrents ne font pas attention à leurs déchets. Déjà que la Réunion n’est pas le Royaume du Zéro Déchet — il y a des détritus partout… — sur un parcours naturel, qui plus est par des traileurs normalement amoureux de Dame Nature… j’avoue avoir été scandalisé, au point de ramasser certains détritus de mon plein gré.

Autres Sources

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David Desrousseaux

David Desrousseaux

Entrepreneur, Ecommerce & digital consultant — Sport passionate / Challenge lover