Finisher du Triathlon M de Deauville 2020–151e au général

1 an après mon abandon lamentable à Deauville en 2019 — dû à ma grosse faiblesse en natation — j’appréhendais beaucoup cette épreuve. D’autant qu’en 2020, avec le confinement en France, l’épreuve a été reportée de Mai à … fin Septembre. Et à cette époque-là de l’année, la météo n’est pas la même. Pluie, vent… et donc mer déchainée.

Une seule question me hante depuis des jours : “Comment vais-je réussir à nager dans ces conditions ?”… Car même si j’ai pu reprendre la natation, je me sens encore particulièrement faible dans cet exercice.

Une météo de m***

De Triathlon à Duathlon

Heureusement— un peu au dernier moment la direction de course a pris la sage décision d’annuler l’épreuve de natation en mer. Et de la remplacer par une épreuve de course à pied. Avec une partie dans le sable. Alors exit le Triathlon. Et bonjour le Duathlon !

L’épreuve sera toujours décomposée en 3 temps : course à pied de 3km, parcours vélo de 40km. Et retour à la course à pied pour 10km cette fois.

D’un côté, je me sens rassuré par cette décision. Mais d’un autre côté… cette épreuve devenue un duathlon, j’ai l’impression de “tricher”. Ce n’est plus réellement un triathlon dont il est question. Alors je me sens quand même un peu amer face à ce coup du destin.

Au final sur +1000 athlètes, je terminerai 151e au classement général en 2h21'52. Et classé 118e en Sénior. Je finis simplement à 3min et 40 sec. de la 100e place. Quelques — trop nombreuses — erreurs de parcours m’auront donc coûté une bien meilleure position finale :/

Côté matériel

Puisqu’il n’y a pas de natation, alors j’en profite pour optimiser mon équipement pour les autres épreuves. Je m’équipe de compresses aux jambes et aux bras. Et je reste vêtu d’un coupe-vent cycliste sur l’ensemble de l’épreuve. De même, je choisis de conserver mes gants de vélo, pour gagner un peu de temps lors des 2 transitions.

Côté vélo, j’ai fait le choix de ne pas prendre mon PlanetX de contre-la-montre. L’ayant testé quelques jours auparavant dans des conditions similaires, j’ai vite compris qu’un vélo typé CLM et des jantes profilées, avec un fort vent, ce n’est pas terrible… et surtout très dangereux ! Du coup, mon vélo est identique à celui utilisé lors du GP de Locminé, auquel j’avais participé 15 jours plus tôt.

Néanmoins, je fais le pari d’un casque profilé, pour contre-balancer le fait de ne pas être équipé de prolongateurs sur mon vélo de route.

Mon Look m’attend désormais sagement dans le parc à vélos, à l’emplacement 720

Natation out — remplacée par une course à pied de 3km

Dimanche, 15h. Le départ va s’effectuer depuis la plage, même si les 1500m de natation sont annulés. Il caille — NDLR : 10°C — et il y a beaucoup de vent. On est tous frigorifiés. Perso, je claque des dents tellement j’ai froid…

On se retrouve tous dans le sable à avancer en masse, pour ensuite se séparer en petits couloirs. Car la direction de course a décidé d’organiser un Rolling Start. C’est à dire qu’il y a des vagues de 8 sportifs simplement qui partent toute les quelques secondes. L’objectif étant de fluidifier le départ, pour alléger le début de la partie vélo. Et éviter d’importants bouchons dans les premières ascensions.

Alors on se place comme on peu, le positionnement étant complètement aléatoire. J’imagine que les pros se sont bien mis devant pour éviter la foule. Pour ma part, je dois me trouver vers la 500e ou 600e place, bien au milieu du troupeau.

Le problème dans ce genre de départ, c’est qu’on n’a aucune idée de son classement. Les mecs qu’on dépasse durant la course sont peut-être partis avant nous. Et ceux qui sont plus rapides seront peut-être loin derrière, ou loin devant. Du coup, c’est très difficile de bien jauger son effort, car les rivaux directs ne sont pas toujours représentatifs.

Pour ma part, il n’y a pas 50 moyens de m’auto-évaluer : j’ai le nez plongé sur ma montre et les métriques — pour estimer mon effort et mon niveau de fatigue.

3–2–1… Go ! Mon groupe s’élance à son tour, un bon paquet de minutes après les premiers.

Tout le monde est rivé sur sa montre !

Les 500 premiers mètres se courent dans le sable. De quoi se mettre dans l’ambiance et créer une bonne grosse fatigue très rapidement… Puis, de retour sur les Planches de Deauville, on suit un tracé étroit et sinueux qui nous amène au parc de transition.

Cette zone étroite et sinueuse est difficile… car pas mal de concurrents partis devant moi courent à un rythme inférieur au mien. Du coup, je n’arrête pas de gueuler “Gauche ! “ ou “Droite ! “ pour qu’on me laisse assez de place pour passer sans encombre. Pas très poli, mais bon… ça reste une course !

Je finis cette première épreuve de 3km en 14'20 — classé 101e sur cette portion. Strava m’indique que cette portion faisait en réalité 3,6km — accomplis sur une moyenne de 3'58/km.

Transition 1 — CAP 3km > Vélo

Une première transition relativement rapide. Juste le temps de déchausser mes On CloudFlow. De mettre mon casque. Et de traverser le parc à vélos en courant — en chaussettes — jusqu’à la ligne de transition. Un petit bouchon se forme déjà à la sortie du parc à vélos. Bref, je finis 161e classé sur cette portion, avec une transition effectuée en 1min. 48s.

Partie 2 — Vélo : 40km dans le Pays d’Auge

Pas le temps de respirer ! Une fois monté sur son vélo, et après avoir parcouru environ 2km pour sortir de Deauville, on se confronte directement à la grosse difficulté du parcours : la montée de la côte de Saint-Laurent. Une ascension longue de 1km environ. Mais ultra raide, avec une pente de 12% à 20% ! De quoi piquer les cuisses :)

Sur la montée de ce col, je suis classé 136e. A quelques secondes simplement de la 50e place. Dommage d’avoir été un peu gêné durant cette ascension du coup :/

La montée du Saint-Laurent, à la sortie de Deauville

Après ce passage difficile, le reste de l’épreuve reste toujours très piégeux :

  1. Je ne connais pas le parcours, donc difficile d’appréhender les courbes qui se présentent face à nous. Mon freinage est parfois mal dosé ;
  2. Le vent, et une fine pluie qui rendent la chaussée glissante ;
  3. Un second col à mi-parcours sur une longueur de 1500m. Que j’ai attaqué comme un dingue. Ascension qui m’a valu de me faire surnommer “V12” par un groupe de concurrents que je remontais. Ce qui fait toujours plaisir dans ce genre de moment :)
  4. Des zones étroites, qui créent des bouchons. Le plus souvent sur un macadam dégradé…
  5. Idem, je continue à gueuler “Gauche !” ou “Droite !” pour indiquer les concurrents de me laisser passer. Ce que tout le monde fait. Sauf un gars, qui ne m’a pas prévenu et est tombé par ma faute. Du coup, cette erreur m’aura coûté quelques autres secondes d’arrêt en pleine ascension, pour m’assurer qu’il se portait bien.
A la recherche du meilleur CX

Sur la fin du parcours — de retour à Deauville — je lâche un peu la pression sur le groupe devant moi pour relaxer un peu mes cuisses. Et malgré encore un petit bouchon à l’entrée du parc à vélo, je termine l’épreuve en 1h19'08. Classé 197e au général sur cette 2e épreuve.

Un rapide coup d’oeil sur le dénivelé montre bien les quelques murs qu’il a fallu escalader…

Là, j’avoue être un peu déçu de ce classement intermédiaire. Il n’y a qu’1 ou 2 concurrents qui m’ont dépassé visuellement sur ce parcours. La faute au Rolling Start, qui ne m’a pas mis face à des gars que j’aurais pu suivre autrement. Un peu frustrant. D’autant qu’à quelques minutes près, je gagnais une centaine de positions. Peut mieux faire, donc !

Transition 2 : Vélo > CAP 10km

Là, c’est simple : on gare son vélo à son emplacement. On remet ses chaussures de course à pied. Et on repart illico après une bonne gorgée d’eau !

Bien que j’ai galéré quelques secondes à retrouver mon emplacement, je suis classé 97e sur cette mini-portion, en 1 minute et 43 secondes.

CAP 10km, 2 boucles de 5km

A la sortie du parc à vélos, on refait face à la mer. Le vent nous balance du sable dans les yeux. Ce qui n’est franchement pas très agréable… Mais une centaine de mètres plus tard, je retrouve un rythme de course correct, et je tourne aux environs de 4min./km. Ni trop vite, ni trop lent. Mon objectif, c’est de terminer ces 10km en 39 minutes environ.

Le tracé consiste à effectuer 2 tours d’une boucle de 5km, qui parcourt à nouveau les Planches de Deauville. Avec le vent, une grosse partie du tracé est occupé par du sable. Ce qui casse totalement mon rythme. Et il y a carrément des mini dunes sur quelques mètres de long qui jalonnent ainsi le parcours. Je me retrouve alors en duo avec un mec du club de triathlon de Rennes. Et on se suit mutuellement.

Au premier tour, je suis 132e. Et j’en suis à 1h56'58 de course. Reste 5 kilomètres à parcourir.

Première boucle de 5km

Rencontre du 3ème type

Soudain, je croise un concurrent qui sort du parc à vélos, et qui est donc 5km derrière moi. Et je le vois balancer ses déchets — gels alimentaires, entre autres — en pleine nature… Du coup, j’ai totalement pété les plombs.

Oui, je l’ai insulté, lui ai hurlé dessus. Et j’ai menacé de le frapper. Ces comportements de clochards me dégoutent. On est face à la mer, et cet abruti — dont je n’ai pas eu la présence d’esprit de noter le numéro de dossard — se justifie de son geste parce qu’il “n’y a pas de poubelles”. “B**ff*n, garde tes déchets à la main, et tu les balanceras à la prochaine poubelle, dans 100 mètres !”

Bref, je n’ai aucun regret de mon comportement injurieux. Si j’ai pu lui faire honte ne serait-ce quelques secondes, c’est toujours ça de pris.

Du coup, cet abruti m’a déconcentré de ma course. Une soudaine envie de pause-pipi se fait pressante. Je perds de précieuses secondes durant cet arrêt. Mais je repars, en ayant perdu de vue le Rennais que je suivais.

Une fois arrivé en vue de la ligne d’arrivée, je me trompe alors dans le chemin… Et je repars quelques mètres sur la boucle des 5 kilomètres. N’importe quoi… Le temps de revenir sur ma voie et de piquer un sprint, je lance mes dernières forces et je reprends les deux concurrents juste devant moi.

This is end, my friend!

Je finis donc ces 10km en 44'55. 7 minutes derrière mon PR. Mais le sable, la fatigue, l’autre con, la pause pipi… voilà les différentes raisons de cette défaillance en fin de parcours.

Un départ tranquille à 4min./km, puis le sable, le vent, la pause-pipi…. synonymes de positions de perdues :/

Au final, même si la natation n’a pas eu lieu — et que l’année 2020 est très particulière sur le plan sportif je ne peux qu’être heureux d’avoir participé à cette belle épreuve du circuit français. A titre personnel, je retiens surtout que je ne me suis pas arrêté sur mon échec de l’an dernier. Et c’est peut-être le principal, pour reprendre confiance !

Alors…. vivement les prochains challenges :)

#NeverGiveUp

Entrepreneur, Ecommerce & digital consultant — Sport passionate / Challenge lover

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