Finisher du Triathlon International de Cannes 2019 : 2km de natation, 107km de vélo, 16km de course à pied

1 an après ma participation à mon premier triathlon en compagnie de mon pote Kev’, je m’étais fixé un nouvel objectif : me mesurer à un triathlon plus élevé. Et c’est celui de Cannes que j’ai choisi, à la fois pour son emplacement et sa renommée.

En 2018, le triathlon S “Short” de Mouscron (BE) se décomposait ainsi :

  • 500m (natation, en piscine)
  • 20km (vélo, sur un parcours plat)
  • 5km (course à pied)

Cette fois, je m’attaque à un triathlon L aussi appelé “Longue Distance”. Dont les distances sont sensiblement identiques à ceux d’un IronMan 70.3 :

  • 2000m (natation, en mer)
  • 107km (vélo, en montagne)
  • 16km (course à pied)
Finisher du CIT 2019 #proud

Veille de la course

1100km et 5 co-voitureurs plus tard, me voilà arrivé à Cannes dès Vendredi soir. Malgré la fatigue du trajet, le week-end ne s’annonce pas de tout repos, puisque :

  • Samedi est consacré à l’organisation de la course : retrait du dossard — numéro 905, briefing, préparation technique du vélo (il n’était même pas prêt la veille de ma course !), mise en place du vélo dans l’aire dédiée, vérification du casque, etc.
  • Dimanche, c’est LA course !
  • Puis Lundi, retour dans le Nôôôôôrd… avec pleins d’autres co-voitureurs.
Samedi / 8h — 11h — montage et réparation du vélo
11h — Direction La Croisette pour rejoindre la ligne de départ à 3km de là
12h — Retrait du dossard sur le salon du Triathlon
13h-15h — Retour à l’hôtel, puis retour sur l’aire des vélos pour déposer mon engin, enfin prêt !
16h — Briefing de la course et rappel des consignes

Bref, le Samedi n’est qu’organisation.
Et se termine par un dodo vers 20h pour se lever frais le lendemain.

Dimanche, lever à 5h du matin

Mon Airbnb se situe à 3 kilomètres de la ligne de départ. Le temps de se lever, prendre une douche, manger pour prendre des forces… j’ai juste le temps d’arriver à 6h30 pour l’ouverture du parc à vélos.

Remontée de la croisette à 6h du matin
Ambiance sereine… pour l’instant !

H-1 avant le début du triathlon

On se retrouve tous dans l’aire des vélos en train de préparer notre stand. La veille, on avait simplement déposé le vélo et fait vérifier le casque.

Aujourd’hui, il faut mettre tout le reste : serviette pour les pieds après la natation, préparation du matériel pour l’épreuve de cyclisme, de course à pied, vaseline sur le cou et les tétons pour atténuer les frottements des différents textiles, etc.

Ambiance dans le parc à vélos, 1h avant le départ du CIT 2019

Bref, tout le monde est à fond !

Et le stress commence à monter…

8h — L’épreuve de natation : 2000m

La semaine précédente, j’étais en Bretagne. Et j’ai eu l’occasion de tester la première fois ma combinaison X-Terra. Ainsi que la nage en mer. Et — surtout — de boire la tasse… salée !

Sortir de l’eau groggy : checked!

Le plan était simple : je savais que je serai parmi les derniers en natation. Mais que j’allais me refaire en vélo puis en course à pied. Du coup, l’objectif était surtout de ne pas trop me fatiguer, tout en réussissant à finir l’épreuve dans le temps imparti. Les organisateurs ont mis un plafond à 1h05. Au-delà, disqualification !

Disons le franchement, je suis hyper stressé au départ. Les lignes de départ que j’ai pu vivre en karting sont aussi très stressantes. Mais là, 1000 gugusses prêts à plonger dans la mer, c’est quand même très impressionnant. Et puis surtout, je ne suis pas très à l’aise dans l’eau… et la peur de l’échec me hante…

L’autre interrogation concerne mes lentilles. Pour l’épreuve, je me suis équipé de lentilles journalières, et de nouvelles lunettes Arena qui garantissent une bonne étanchéité. Mais j’ai quand même une seconde paire de lunettes adaptées à ma vue, et que je garde au cou. Si je dois me séparer de mes lentilles, je devrai en remettre lors de la transition dans le parc à vélo. Ce qui n’est pas simple — d’autant que le vent souffle très fort ce jour-là :/

Bref, top départ ! Tout le monde court et plonge. Sauf quelques-uns qui restent sagement derrière et qui y vont tranquille.

Je suis de ceux-là.

1000 dingues qui nagent dans la mer…

J’ai découpé le parcours en 4 sous-objectifs dans ma tête :

  1. Atteindre la première bouée à 500m
  2. Revenir vers la plage à 500m, pour effectuer une sortie à l’australienne. Une sortie à l’australienne consiste à sortir de l’eau, courir sur la plage, et re-plonger dans l’eau pour une seconde boucle de natation.
  3. Retourner à la bouée de 500m
  4. Atteindre la ligne d’arrivée sur la plage
Le parcours natation du CIT 2019

En brasse, je nage lentement, mais correctement. En crawl, je me débrouille, mais je ne nage pas beaucoup plus vite qu’en brasse. Ma technique n’est donc pas très bonne. D’autant que je n’ai pas encore tous les réflexes, comme lever la tête tous les 6 ou 8 mouvements pour vérifier si je nage droit.

Résultat : je nage de travers. Et les bénévoles en surf sur l’eau me rappellent à l’ordre régulièrement pour que je reprenne la bonne trajectoire.

J’ai donc nagé davantage que prévu…

Retour à la plage à mi-parcours : un coup d’oeil sur ma montre m’indique que je sors sur le passage à l’australienne en 27 minutes. Je suis donc sur un objectif de 54 minutes pour cette première étape. Donc, sous la barrière horaire ! Rassuré, mais néanmoins concentré, je cours sur la plage pour replonger dans l’eau.

J’arriverai même à dépasser quelques concurrents !

J’alterne ensuite entre crawl et brasse. D’abord en brasse, à chaque sortie de la tête de l’eau, je vois où je me situe. Mais je fatigue davantage mes cuisses. En crawl, quelques exercices au pullboy m’ont aidé à ne plus utiliser mes jambes et d’avancer juste à la force des bras.

Mais je ne suis clairement pas encore assez musclé des bras...

Récapitulatif de la course par Strava

Et plusieurs minutes plus tard… je reviens à la plage !
Mon chrono officiel : 51'40.
Le premier a terminé l’épreuve en 20', et le 100e est en 27'. Je suis donc complètement à l’ouest et très loin des meilleurs…

Je me classe 823e de l’épreuve.
Il n’empêche : l’objectif est atteint ! J’ai réussi à passer l’épreuve, mes lentilles ont tenu, et je peux poursuivre le reste du triathlon. A cet instant, j’ai simplement 30 ou 40 autres athlètes derrière moi. Dont une partie va déjà abandonner… ou se faire disqualifier !

PS / Surprise, le parcours de 2000m a été mesuré à 1700m par ma montre. Erreur de l’organisateur, ou erreur de GPS… ?

Transition 1, passage au vélo

A la sortie de la plage, un organisateur tente de me rassurer “T’es largement dans la barrière horaire, vas-y tranquille !”. Tu parles… je cours quand même vers mon vélo. Mais le sel de la mer m’arrache la gorge. Et les changements de température brusques me font perdre l’équilibre pendant cette étape.

J’enlève ma combinaison, je mets mon casque, et j’engloutis un gel pour me donner de la force pour la reprise de la course.

Dans ma tête, ma course commence maintenant. La natation, je suis archi-nul et je subis. Mais en vélo, je me sens en confiance, et je suis sûr de pouvoir battre beaucoup de concurrents.

Ma fusée blanche m’attend sagement à l’emplacement 905

Bref, je consomme 4'44 dans cette phase de transition, ce qui me classe 523e dans cette petite portion de l’épreuve.

L’épreuve de vélo : 107km

C’est parti ! J’ai vaguement étudié le parcours de l’épreuve, par les documents fournis par l’organisateur. Mais également grâce à Kinomap — un réseau social sur lequel des cyclistes déposent des vidéos de leurs parcours. 70km du parcours vélo y était filmé et disponible.

En pleine montagne, derrière Cannes

Sorti du parc à vélo en courant, je saute sur mon vélo et c’est parti. Je me retrouve rapidement à 40km/h sur les 10 premiers kilomètres plats de l’épreuve. Ce qui me permet — déjà — de dépasser quelques concurrents.

Puis c’est rapidement la première difficulté qui arrive : la montée vers Tanneron. Je sais qu’il y a un total de 3 gros cols à franchir. Et l’épreuve des 16km de course à pied en fin d’épreuve nécessitera un peu de fraicheur. Du coup, je décide de ne jamais forcer dans les montées, et je mouline en mettant “tout à gauche” comme on dit en vélo. Ma Garmin indiquera d’ailleurs 160 Watts en moyenne… ce qui est plutôt bas.

Mon manque d’expérience sur cette épreuve + mon grand manque de préparation en amont m’ont fait jouer la prudence.

J’utilise le même vélo qu’aux 24h du Mans l’été dernier. A la différence près que j’ai modifié un plateau de mon pédalier pour l’adapter au parcours montagneux — un 36 dents.

Le parcours est magnifique. Le temps est radieux — 27° à l’ombre. Seul bémol : le vent. Le vent soufflait fort depuis quelques jours déjà. Plus tôt sur la mer, il y avait déjà pas mal de vagues. Le vent ne me gène pas trop dans les montées. Mais dans les descentes, je sentais que mes roues aérodynamiques ne m’aidaient pas. Il n’empêche, j’ai profité de la gestion de la circulation pour atteindre les 70km’h dans certaines descentes. Avec de grosses montées d’adrénaline !

Du coup, j’ai remonté beaucoup de concurrents dans les montées. Mais c’est surtout dans les descentes — où je fonçais autant que possible — que j’ai eu l’occasion de reprendre mon retard sur 150 ou 200 athlètes.

Arrivée sur la croisette, derniers kilomètres du parcours vélo

La parcours se passe correctement, excepté un déraillage de ma chaine dans une montée vers le 70e kilomètre. Et je l’avoue — dans ma quête de l’économie musculaire — j’ai marché lors de 2 passages très raides. Je ne voyais pas l’intérêt de m’esquinter mes muscles alors que je marchais finalement à la même vitesse que les cyclistes qui restaient sur leurs machines.

J’avais déjà dépassé de nombreux cyclistes. Et les quelques-uns qui m’ont repris lors de ces montées m’ont vu leur repasser devant un peu plus tard.

Le parcours montagne sur le CTI 2019

Beaucoup de vent sur la croisette en fin de parcours. Sur cette dernière portion, n’ayant pas pu m’équiper d’un guidon aéro, ça ne m’a pas aidé… mais j’ai quand même roulé à 30km/h et assuré sans forcer. Car il faut ensuite enchainer sur la course à pied. Et en arrivant au parc à vélo, je voyais déjà des centaines d’athlètes en train de courir le long du port de Cannes !

Les chronos officiels de Cannes indiquent :

  • Cannes → Tanneron 1h 00'19–395e chrono sur cette portion.
    On voit avec ce classement que j’ai un peu forcé malgré tout, juste après la natation.
  • Tanneron → Saint-Cézaire 1h 34'36–696e chrono.
    Là, on voit que j’ai beaucoup moins forcé, cherchant l’économie.
  • Saint-Cézaire → Tanneron 1h 05'58–598e chrono
  • Tanneron → Cannes 0h 51'37–620e chrono

Soit au total 4h 32'32, soit le 623e chrono en vélo. Et une moyenne d’environ 25km/h.

Je reste persuadé de pouvoir tenir le 30km/h de moyenne sur un tel parcours. Mais le manque d’expérience en Longue Distance, un gros manque de préparation, et l’appréhension d’une défaillance mécanique m’ont ralenti dans mon envol.

Transition 2, passage à la course à pied

En arrivant sur la ligne de transition, il faut faire attention à bien poser le pied avant. Et surtout ne pas rouler, sinon on risque la pénalité :(

Avec 15 minutes d’avance sur la barrière horaire à la sortie de la mer, je me retrouve cette fois avec 1 heure d’avance.

Disons-le clairement : en arrivant dans le parc à vélo, je suis quand même pas mal dégoûté de voir autant d’athlètes devant moi… J’en ai laissé sous le coude en vélo dans les montées — cherchant l’économie. Mais j’avais l’impression d’avoir dépassé tellement de concurrents que… oui, ça m’a mis un petit coup au moral.

Il n’empêche, je ne passe que 3'03 dans le parc à vélo, ce qui me classe 489e sur cette portion.

Une fois le vélo remis en place, j’enfile mes chaussures On Cloudflow, utilisées récemment au marathon de Barcelone.
Et c’est parti pour la 3e et dernière partie de l’épreuve !

L’épreuve de course à pied : 16km

Habituellement — dans mes meilleurs moments — je suis capable de courir les 16km en environ 1h. Ce qui m’assurait une place parmi les 10 premiers vu les chronos effectués sur la Croisette !

Sauf que là… bah 107 km de montagne dans les pattes, ça pique. Même en ayant joué l’économie, j’ai quand même souffert. Le manque de préparation, mon dernier mois à être constamment malade, et surtout le vent qui souffle énormément sur le port… tout cela a joué contre moi.

La joie de vivre :)

L’épreuve consiste à courir 4 tours d’un circuit de 4km. Dans ma tête, je me disais — “tant pis pour le chrono”. J’étais surtout en train de réussir à terminer cette épreuve… La natation, ce n’était tellement pas gagné pour moi, que je suis déjà très content de me retrouver là. Et surtout, largement sous la barrière horaire !

A chaque tour, je prends de quoi me ravitailler au stand : pain d’épices, crackers, eau, etc. Mais clairement, je suis en mode footing. Ma montre m’indique un rythme allant de 4'45 à 5'30 au kilomètre. Parfois même, je descends à 6 min./km… Très loin de mes capacités :(

Les chronos officiels indiquent :

  • Tour n°1 : 20'22–547e dans le classement au chrono sur ce 1er tour
  • Tour n°2 : 22'10–632e chrono
  • Tour n°3 : 22'43–618e chrono
  • Tour n°4 : 22'51–600e chrono

De plus en plus lent quoi… et en même temps mon classement s’améliore. Preuve que les autres coureurs étaient tous morts en fin de parcours.

Bref, on sent la fatigue prendre le dessus. Et puis, il n’y a plus d’enjeu particulier. J’arrive au bout, dépasser 1 ou 2 concurrents ne changera rien dans mon propre résultat.

Le parcours CAP du CIT2019

Je finis donc ces 16km en 1h 28'07 — soit le 608e chrono. Et à environ 30 minutes de mon record personnel…

The End… en 7h 00 ’09 !

A chaque tour, on doit récupérer un petit chouchou de couleur qu’on se met au bras, pour indiquer son tour. Bleu, Blanc, Rouge… et Jaune ! Je fonce sur la ligne d’arrivée comme un con, en gueulant — comme d’habitude. Genre le grand champion qui finit 2h30 après le vainqueur… mmmh…

Bref, je passe la ligne, et je m’écrase par terre comme une merde. Et je chiale. J’avais tellement peur de ne pas passer la natation, qu’arriver au bout de cette épreuve — avec environ 1h30 d’avance sur la barrière horaire — c’est un grand soulagement.

L’émotion, la fatigue, l’adrénaline… impossible d’expliquer pourquoi je chiale comme une merde. Mais sur le moment, c’était juste plus fort que moi.

I did it !

Petite récompense du finisher :)

Pour conclure…

Environ 1000 participants sur cette 6ème édition du Cannes International Triathlon, et pas mal d’abandons ou de disqualifications. Ce qui prouve bien que l’épreuve n’était pas simple. Le parcours vélo était plutôt exigeant avec ses 1800D+. Le vent est venu ajouter de la difficulté supplémentaire.

La natation reste mon gros handicap. Et même si je suis satisfait d’être arrivé au bout… je ne peux m’empêcher d’avoir un goût amer de ne pas avoir été plus fort sur les 2 autres disciplines. En analysant les chronos des athlètes classés entre la 100 et la 200e place, je me sens à leur niveau.

Il n’empêche, le niveau général était plutôt élevé. Des athlètes du monde entier étaient là. Le vainqueur — Cameron Wurf — est australien. J’ai croisé des vénézuéliens, des anglais, des allemands, des américains…

Il me reste 2 mois pour préparer la même épreuve “Longue Distance”, mais à Deauville cette fois. Autre épreuve mythique du triathlon français. L’objectif sera évidemment de faire beaucoup mieux, sur les 3 sports. En planifiant des entrainements de qualité, sans forcément multiplier les sorties inutiles. Du gainage, de la musculation, de la natation… afin d’améliorer ma forme physique générale.

Avant d’attaquer un IronMan 70.3… puis un vrai IronMan !

#NeverGiveUp

#ViveLeSport

Entrepreneur, Ecommerce & digital consultant — Sport passionate / Challenge lover

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