46e aux 24h du Mans vélo 2018 cat. Solo — récap’ de la course

Merci à ces touristes néerlandais pour cette belle photo devant la passerelle Dunlop du Mans :)

H-6 : Installation du stand

Arrivé la veille, campement et tente installés, je ne peux intégrer les box des stands que le matin-même de la course. On partage les box entre plusieurs équipes. Etant seul, j’ai toujours la crainte de me faire piquer du matos lors mon absence. Que ce soit du matériel électronique, voire de la nourriture… D’autant que j’ai quasi millimétré tous mes repas durant les prochaines 24 heures, ce serait dommage qu’il me manque quelque chose !

Mon stand Solo, au fond du box n°45 du Mans. Gels, barres d’énergie et boissons iso, vêtements de rechange, tapis d’étirements, matériel de course et matériel de rechange, outils de réparation… tout est prêt !

H-4 : Débriefing et découverte de la piste

Quelques heures avant de prendre le départ, rendez-vous sur le circuit, avec notre maillot des 10 ans des 24hVélo, offert à l’occasion de l’anniversaire de cette course. Débriefing du directeur de course — que personne n’écoute — on part ensuite à la découverte du tracé du circuit Bugatti !

Là, je fais le fier… forcément, je n’ai pas encore roulé :)

#1 La colline Dunlop

La colline Dunlop culmine à environ 30 mètres, monument emblématique de ce circuit mythique, au bout de la ligne droite des stands. Une pente longue de 600m de 3,5% à 7,5% qui n’a l’air de rien comme ça… mais qui va s’avérer beaucoup plus pénible dans quelques heures !

Caméra embarquée de la fin de la montée du Dunlop au Mans (basse définition)

#2 Le vent

L’ennemi juré du vélo… Et qui va souffler jusqu’à 30km’h pendant la course. PS : il y a un indicateur de la température et du vent dans la ligne droite des stands. C’est peut-être même pire que la partie Dunlop. Avec mon lumbago chronique, je dois me forcer à me pencher davantage encore sur le vélo pour avoir une meilleure pénétration dans l’air.
Bref, pas super agréable quoi… surtout quand le vent est de face !

Warm Up et 3 premiers tours de circuit… avant le départ !
Motivés et prêts à en découdre !

H-1 : Procédure de départ

14h, début de la procédure de départ. Une heure de cérémonie avec hymnes nationaux de tous les sportifs présents (anglais, américains, allemands, etc.), stars du paddock qui se montrent, etc. Puis arrivée à 15h : on vit un grand moment puisque le départ est type “Le Mans”. C’est à dire que — comme le faisaient les pilotes des 24h du Mans Auto auparavant— on doit traverser la piste en courant pour enfourcher nos machines… et go ! :D

Départ type LeMans en caméra embarquée / 24h du Mans Vélo Solo 2018

H-0 : La guerre est déclarée !

Sûr de mes qualités physiques, je m’étais fixé l’objectif d’atteindre environ 800km. Autrement dit, il me fallait rouler à une moyenne de 33/34km/h. Ce que j’arrive à faire largement à l’entrainement.

  • pas de circulation,
  • pas de piétons,
  • pas d’aléas autres que la course en elle-même !
Le départ est donné / vue générale sur toute la ligne des stands

Phase #1 = 15h — 18h ==> 100km

Durant les 3 premières heures de course, tout roule… Le vélo marche à merveille. Il est vraiment très rapide, sans que j’ai trop à le pousser. Je force un peu au tout début, puis je joue rapidement la gestion d’énergie, à savoir :

  • me caler derrière d’autres coureurs pour me protéger du vent,
  • stopper le pédalage dans les descentes,
  • me pencher exagérément ponctuellement pour optimiser l’aérodynamisme,
  • améliorer mes trajectoires (on est quand même sur une circuit !)
J’emmène momentanément le peloton des solos

Phase #2 = 18h — 21h ==> 200km

Ma micro pause de 18h s’est quand même étalée sur 15/20 minutes. Le temps de ravitailler et faire un saut aux WC, j’ai pris un peu de retard. Mais à 21h, j’ai rattrapé le chrono et je suis à 200 kilomètres.
PAR-FAIT, dans les temps !

Tour complet du circuit en caméra embarquée (basse définition)
Aucun problème de 15h à 21h… 200km en 6h, l’objectif des 800 bornes se profilait parfaitement !

Phase #3 = Début de la nuit, et des problèmes…

Vers 21h30 après une pause un peu plus longue que prévue, je repars pour une nouvelle portion de 100km. Mais arrivé au km 250 environ… le bas de mon dos se fige subitement. En fait, depuis le mois de Mars dernier et l’installation d’un meuble pour l’arrivée de mon petit bébé, je me suis fait une grosse contraction musculaire dorsale… Que j’avais soignée, qui avait disparue… et qui a repris là maintenant, pile quand ce n’est pas le moment !!

La nuit commence à tomber sur Le Mans… et les problèmes arrivent :(
Vue depuis les stands, la nuit
La gueule du gars qui a mal… :(

Phase #4 = Rouler de nuit

J’ai réussi à m’endormir un peu et me réveille subitement entre 3h et 4h du matin. En plus, mon dos est moins douloureux… Alors, faut y aller ! C’est reparti pour 10 tours, sans forcer. Mes chronos le prouvent d’ailleurs, je tourne 30 secondes moins vite, je suis vraiment sur l’économie, et j’écoute mon corps, je ne force pas.

Le circuit est parfaitement illuminé toute la nuit. Seul problème : les ombres au sol sont trompeuses et peuvent générer de nombreuses fautes.

Va falloir me soigner…

L’un d’eux m’informe que des masseurs/kinés sont au bout de la voie des stands, et massent gratuitement. P*** ils pouvaient pas me le dire plus tôt ?! Du coup, j’y vais — au pas de papi. Une fois arrivé sur place, dans une température glaciale — 8°, alors qu’il faisait plus de 25° au départ de l’épreuve — les kinés refusent de m’ausculter. Ils me voient complètement tordu, et me conseillent plutôt d’aller voir les médecins.

Phase #5 = Déjà 9h du matin… et je n’ai pas encore dépassé les 300km…

Je me réveille peu avant 9h. Dégoûté, énervé, je n’ai qu’une envie, c’est de repartir. Par contre, il n’y a plus “que” 6 heures de course. Alors, l’économie d’énergie, c’est fini, je ne vais pas tout brûler sur 1 tour bien sûr, mais je vais monter la cadence en tous cas. En plus, le dos va mieux. Je ne sens même plus rien ! Alors gooooo !!!

Il faisait très froid la nuit et le matin. Du coup, vêtements en conséquence !

Phase #6 = ll reste 2h de course :/

Là, ça suffit. Mon kilométrage est bloqué sous la barre des 400km. Je trouve personnellement cela complètement ridicule, au vu de mon objectif de départ. Là, j’ai une bonne grosse montée d’énervement, j’ai envie de tout casser ! Le dos me déchire, mais merde, je suis pas là pour me péter les couilles à squatter un stand à la con, sous une couverture !! Il reste 2h, je peux atteindre la barre des 450km, go !

On voit bien sur Strava les pauses, et que je tiens sur la fin de course une puissance légèrement supérieure en début de course
Fin de course, et seul dans sa tête :/

Dimanche 15h : Arrivée…

Je termine 46e dans ma catégorie, avec 109 tours du Circuit Bugatti, soit 456km, 10.000 calories brulées, et env. 4000m de D+ d’après Strava — ça fait quand même 2,5 fois le Mont Ventoux !

  • j’ai trop joué l’économie d’énergie. Mes chronos le prouvent : j’ai des tours rapides, des tours lents, j’ai perdu parfois des paquets de seconde bêtement… Je n’ai jamais cherché le chrono. J’aurais dû !
  • les températures n’étaient pas si élevées, je n’avais donc pas besoin d’emmener tant de gourdes sur mon vélo, et j’aurais pu éviter ce poids supplémentaire.
  • enfin, et surtout : mon dos. Va falloir sérieusement m’en occuper cette fois !! D’autant que le Trail des Bourbons de 110km à la Réunion… c’est déjà dans 7 semaines !
On voit bien que j’ai joué l’économie à environ 200W. Tous les cyclistes chevronnés vous le diront : 200W c’est rien du tout !
  • mon vélo était exceptionnel. Il peut, vu son prix total. J’ai déraillé 2 fois la chaine en course, à cause de mon réglage limite du dérailleur avant. Mais pas de crevaison, pas de casse, rien qui n’a bougé, nickel de ce coté !
  • malgré ces 2 sauts de chaine, je ne compte aucune chute, et pas de bobo autre que le dos. Parce que des chutes, j’en ai vu pleins… Des gars qui se déchirent dans les virages, dans les descentes, à 50/60km/h, ça fait mal !
  • les bénévoles ont fait un super boulot pour rendre toute cette manifestation possible. Le public était top aussi. C’est vraiment une belle aventure, grâce à toute cette belle énergie !

Au final

Ce qui me dégoute vraiment, c’est d’avoir fait 200km en 6 heures. Puis 250km en l’espace de 18 heures… c’est là qu’on voit que j’ai vraiment manqué un bon résultat.

Alors… à refaire ?

Oui, clairement ! Je veux ce podium, je l’aurai un jour, je l’aurai :)

Légère attaque au sommet du Dunlop… Le podium en ligne de mire :/

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Entrepreneur, Ecommerce & digital consultant — Sport passionate / Challenge lover

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David Desrousseaux

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